Newsletter N°07 · Mai 2026
La solidarité, c'est notre force
De décembre 2025 à mai 2026, SoliMed Algérie a accompagné des dizaines de patients confrontés au manque de médicaments. Un enfant épileptique à Sétif, un grand brûlé à Bouira, des enfants en oncopédiatrie à Alger, une patiente atteinte de sclérose en plaques. À chacun, une réponse précise.
Chères donatrices, chers donateurs,
Six mois ont passé depuis notre dernière lettre, et la situation que vivent de nombreux patients en Algérie reste préoccupante. Certains traitements deviennent difficiles à se procurer, parfois pour quelques semaines, parfois bien plus longtemps. Pour les familles concernées, chaque jour compte.
SoliMed continue de tendre des passerelles entre la France et l'Algérie pour rendre ces médicaments accessibles. Notre fonctionnement reste simple. Une demande nous parvient — d'un médecin, d'une famille, d'un membre de notre réseau de solidarité. Notre commission médicale l'étudie avec attention : la prescription est-elle pertinente ? Le coût est-il raisonnable au regard de la durée du traitement ? Une fois la demande validée, un membre de SoliMed en France se charge de l'achat, un bénévole prend le relais pour le transport, et un autre membre de SoliMed assure la réception à Alger et la remise au patient ou au service hospitalier concerné.
Une chaîne entièrement humaine, portée par des bénévoles. Aucun frais de fonctionnement n'est prélevé : chaque euro que vous donnez part dans l'achat de traitement ou de matériel médical.
Un service d'oncopédiatrie à Alger soigne des dizaines d'enfants atteints de leucémie aiguë lymphoblastique. Pour ces enfants, le Purinethol est un médicament-pivot : il sécurise les phases d'entretien de la chimiothérapie. Un manque ne se rattrape pas ; il interrompt un protocole.
À l'été 2025, une première alerte est venue d'un professeur du service, après un premier manque : stock épuisé. SoliMed a alors sourcé un premier lot en pharmacie française. En mars, une seconde demande est parvenue à l'équipe après un nouveau manque prolongé. Fin avril, un autre professeur a rappelé : « C'est reparti pour longtemps. » Un nouveau lot de douze boîtes, soit environ 151 euros, a été acheminé vers Alger et remis en main propre. Le 8 mai, seize nouvelles boîtes ont été achetées. Au total, plus de quarante boîtes ont circulé sur la période.
I. a sept ans. Il vit à Sétif. Il est épileptique depuis sa petite enfance. Son traitement repose sur le Tégrétol sirop, médicament que ses parents ne trouvent pas en Algérie. Depuis plus d'un an, son père fait remonter la demande chaque fois que le stock approche de la fin. SoliMed achète alors plusieurs flacons en France et organise l'acheminement.
Le 5 mai, l'ordonnance signée par un neuropédiatre exerçant à Alger est parvenue à l'équipe. Le médicament a été acheté le 11 mai. Quelques jours plus tard, un membre régulier du groupe de solidarité a remis deux flacons supplémentaires en don. Le stock approche désormais des quatre flacons : suffisant pour que le père de I. fasse le déplacement depuis Sétif dans les meilleures conditions, avec un traitement sécurisé pour plusieurs mois.
S. est un homme jeune. Il a subi de graves brûlures aux mains et au visage. Son traitement passe par des gants en silicone Medigel, qui aident la cicatrisation et empêchent les rétractions cutanées. Ces gants ne sont efficaces que huit à douze semaines. Au-delà, il faut les remplacer.
Coût d'un trimestre de traitement : environ 255 euros. SoliMed a financé deux séries déjà. La famille a écrit : « Grâce aux produits reçus, son état s'est nettement amélioré. » La commission médicale a validé le renouvellement pour les mois qui viennent.
En avril, SoliMed a financé un traitement cardiaque vital pour un patient algérien. Le médicament n'est pas commercialisé en Algérie, et chaque mois nécessite trois boîtes. La famille collecte ce qu'elle peut, mais les jours filent vite. Quelques jours après la première livraison, le patient nous a écrit ces mots :
Merci infiniment pour votre bienveillante attention et votre noble générosité. Ça me touche vraiment. Que Dieu vous bénisse. Pour le reste, je collecte autant que je peux, dans la mesure où trois boîtes constituent un mois de traitement, et un mois aujourd'hui c'est comme un éclair dans le ciel.
— Le patient, en avril 2026
Son dossier rejoint la liste des suivis prioritaires de l'association : il faudra continuer à acheminer ces trois boîtes par mois aussi longtemps que nécessaire.
Le Fampyra est prescrit aux patients atteints de sclérose en plaques. Il améliore la marche. Comme beaucoup de traitements spécialisés, il vient régulièrement à manquer en Algérie, où il n'est disponible que sur commande. SoliMed l'achemine depuis la France pour une patiente de la wilaya de Tizi Ouzou, suivie au long cours. Fin mai, deux nouvelles boîtes ont été commandées pour assurer la continuité de son traitement. Voici ce que nous a écrit son entourage :
Avant, dans la cuisine, elle ne pouvait pas tourner la tête sans avoir des vertiges et perdre l'équilibre. Elle devait bouger très lentement. Désormais, elle peut se déplacer naturellement, monter les escaliers seule. Elle va dans la salle de bain se laver et se doucher toute seule. Ce médicament a totalement changé sa vie.
— Sa fille
Au-delà des dossiers emblématiques, la chaîne SoliMed a tourné en continu pour des dizaines de demandes plus ponctuelles. Cliquez pour déplier chaque dossier.
Autour du traitement principal contre le cancer, il y a tout ce qui rend la chimiothérapie supportable : des antiémétiques (Ondansétron, Métoclopramide, Aprépitant, Emend), des antalgiques puissants (Skenan, Recivit), des corticoïdes (Médrol). SoliMed a réceptionné tous ces dons en nature de la part de plusieurs donateurs anonymes et les a transmis à différents services d'oncologie d'Alger, grâce à l'aide de nos dévoués transporteurs.
Le 18 avril, M. L., donateur extérieur, a envoyé par Chronopost un carton conséquent depuis la France : une boîte d'Innohep 10 000 UI, cinq boîtes d'Innohep 4 500 UI (cinquante seringues au total), ainsi que des Ondansétron, du Vydura, du Moventig, de l'Abilify et du Cefpodoxime. L'un des plus importants dons de la période.
Une part des médicaments réceptionnés va à un service d'hospitalisation à domicile à Alger : Médrol, Cefpodoxime, Primpéran, Vydura, Lamaline, Diffu-K. Ce service prend en charge des patients en fin de traitement ou en soins palliatifs, à leur domicile. Pour eux, l'accès à ces molécules conditionne la possibilité d'être soignés chez soi plutôt qu'à l'hôpital.
Sur la période, plusieurs demandes ponctuelles ont été traitées via le groupe de solidarité : Colchimax pour un patient qui en manquait (trois boîtes fournies par un membre), Sabril 500 pour une épilepsie sévère, don de Fortimel par une pharmacienne francilienne, lit médicalisé et fauteuil roulant remis en prêt à Alger.
À la demande d'un pédiatre exerçant à Alger, SoliMed a financé trois boîtes de vitamine B6 pour un enfant de la wilaya d'Illizi atteint d'un déficit chronique. Le médicament n'est pas commercialisé en Algérie. Coût total : moins de 60 euros. Une lettre de remerciement est arrivée quelques semaines plus tard. Ce sont ces dossiers, plus que les chiffres, qui reflètent le travail de l'association.
Fin mai, une demande nous est parvenue par le formulaire du site. Le père de Djawed, un petit garçon de deux ans, vit à environ une heure trente d'Alger. Son fils est épileptique depuis un an et répond bien au Sabril, en sachets de 500 mg. Une boîte de soixante sachets lui dure le mois.
Le médicament n'est pas commercialisé en Algérie, pas même en générique. Officieusement, il circule à environ quinze mille dinars, sans aucune prise en charge. Pour une famille aux moyens limités, la facture est intenable. La commission médicale a validé la prise en charge le 27 mai, à environ quarante-cinq euros la boîte. Le médicament a été commandé en France et rejoindra le prochain transport.
Le mois de mai a été particulièrement généreux. Plusieurs dons en nature sont venus enrichir la chaîne d'approvisionnement.
Un membre régulier du groupe de solidarité a remis deux flacons de Tégrétol sirop, qui rejoignent ceux acquis par SoliMed pour le petit I. à Sétif. Le même bénévole a également offert une boîte de Purinethol, ajoutée au stock destiné aux enfants en oncopédiatrie.
Une donatrice francilienne a proposé onze boîtes de Modulen, un produit de nutrition pour enfants atteints de la maladie de Crohn, indisponible en Algérie. La récupération est en cours d'organisation, le transport restant à coordonner en raison du volume des boîtes.
Enfin, un donateur extérieur a transmis des antalgiques, dont de l'Izalgi, accompagnés des ordonnances nécessaires au passage en douane.
Plus de dix bénévoles ont assuré le transport de médicaments de la France vers l'Algérie ces derniers mois, depuis Paris le plus souvent, mais aussi depuis la belle Marseille. Certains transports s'organisent même depuis la Suisse et d'autres villes européennes. La communauté algérienne sait se mobiliser partout en Europe — et nous savons que nous pouvons compter sur sa générosité à toute épreuve.
Aucun n'a facturé un centime à l'association. Bagages, temps, disponibilité, énergie pour passer la douane avec un sac chargé : ce sont les seuls dons que SoliMed ne sait pas chiffrer.
Quinze euros, c'est une boîte de Purinethol pour un enfant. Soixante euros, le déficit en vitamine B6 d'un enfant du Sud pour plusieurs semaines. Deux cent cinquante euros, un trimestre de gants pour S. Aucun frais de structure n'est prélevé.
Faire un donSans vous, aucune de ces opérations n'aurait eu lieu. Au prochain trimestre, nous vous rendrons compte des suivantes.